Rabat: Protestation devant le siège du Haut-Commissariat aux Réfugiés

janvier 12th, 2026 - écrit par: Bureau AMDH section Rabat, Président: Hakim Sikouk

Le 12 janvier 2026 à 11h du matin, un groupe de réfugiés et demandeurs d’asile soudanais, hommes et femmes, ont organisé un sit-in de protestation devant le siège du Haut-Commissariat aux Réfugiés. Il s’agit de la cinquième manifestation organisée par ces réfugiés, sans obtenir de réponses claires de la part du HCR.

Nous dénonçons ce silence et appelons tous nos camarades de lutte de Migreurop à nous aider à faire pression sur le HCR.


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Rapports de Section AMDH de Rabat


Rapport sur la situation des réfugiés au Maroc le 27 novembre 2025

Un groupe de réfugiés et de demandeurs d'asile ont organisé un sit-in devant le Bureau du HCR jeudi 27 novembre 2025 à 10h30 .

Et il ne s’agit pas de la première fois qu’ils dénoncent et protestent contre leur
mauvaise situation économico-sociale et contre le danger de la campagne de
déportations effectuées au hasard par les autorités marocaines en dehors des
contrôles légaux. Le dernier Rapport du HCR a révélé que le Maroc a accueilli jusqu’à fin juillet
{2025} 19 756 réfugiés et demandeurs d’asile au niveau de l’inscription ; les
demandeurs d’asile rencontrent des problèmes d’inscription et de détermination de
leur statut : le nombre des demandeurs d’asile a atteint 2 377 Soudanais, 2 229
Guinéens, 1 538 Sénégalais, 523 de Côte-d’Ivoire et 633 Maliens.

Le problème réside dans la longueur du délai pour l’inscription, qui pourrait
atteindre huit mois pour l’acquisition du document de demandeur d’asile, et entre-
temps les demandeurs d’asile courent le risque du danger de déportation hors de
Rabat et affrontent des difficultés de retour à Rabat pour achever l’opération
d’inscription.

S’ajoute à cela la difficulté de déterminer la date de l’entretien (l’entretien de
l’asile), qui peut atteindre un an ; cela met les demandeurs d’asile face à des
difficultés pour trouver un travail stable et se promener librement à Rabat.

Et au niveau des prestations de services, les réfugiés rencontrent beaucoup de
problèmes avec les partenaires du Bureau du HCR :

  • Le partenaire médical, représenté par l’Association Marocaine pour la
    Planification Familiale, a cessé ses services depuis plus d’un mois et aucun réfugié
    n’a bénéficié d’aucun service dont il a besoin, avec l’aggravation des maladies dont
    ils souffrent. D’autant plus qu’il y a des réfugiés atteints de maladies chroniques et
    qui ont cessé de prendre des médicaments depuis un certain temps. De même, il y a
    des réfugiés qui souffrent de maladies psychiques et dont l’état de santé est
    instable, et qui n’ont pas été auscultés par leur médecin traitant à cause de leur privation des aides depuis la cessation de service de l’Association, ce qui a poussé
    certains d’entre eux à se tourner vers des associations non partenaires du HCR,
    malgré la rareté de ces organisations, et qui exigent que la personne soit
    demandeuse d’asile et non réfugiée pour bénéficier de ces services.
  • Au niveau du partenaire social, représenté par l’organisation Orient-Occident,
    les réfugiés et demandeurs d’asile souffrent énormément à cause de la réduction des
    aides à 500,00 dirhams au lieu de 800,00 dirhams, ce qui a aggravé la situation
    économique d’un grand nombre de réfugiés et de leurs familles.
  • Au niveau des catégories les plus fragiles, en l’occurrence les femmes, certaines
    réfugiées se plaignent de ne pas avoir reçu les aides. De même, les enfants mineurs
    subissent l’itinérance (vagabondage) hors du foyer de protection qui leur est réservé.
    Ils n’ont pas reçu d’aide, travaillent dans des métiers dangereux sans moyens de
    protection, ce qui aggrave le danger de leur exposition à l’exploitation et à la
    violence.

Aussi observe-t-on l’existence de réfugiés atteints de maladies psychiques, installés
en permanence devant l’institution Orient-Occident, dans des conditions
lamentables.

  • Au niveau des droits humains, les réfugié·e·s souffrent du risque d’arrestations
    arbitraires menées par les forces auxiliaires en dehors des cadres légaux en vigueur,
    ainsi que de leur transfert hors de Rabat malgré leur possession du document de
    protection délivré par le HCR. Et ce, alors même que le Maroc reconnaît la Convention
    de 1951 relative au statut des réfugiés et son Protocole facultatif de 1967, qui
    prévoient la protection des réfugié·e·s et interdisent leur refoulement forcé.

Les arrestations sont parfois effectuées avec violence. Après avoir interrogé
certains réfugié·e·s sur place, il a été confirmé que certains membres des forces
auxiliaires exigent des sommes pouvant atteindre 200 dirhams aux réfugié·e·s pour
obtenir leur libération ; dans le cas contraire, ils sont transféré·e·s vers un
commissariat proche du Bureau du HCR, puis transporté·e·s en bus hors de Rabat.

Il est à noter que de nombreux réfugié·e·s ont déposé des plaintes écrites auprès du
HCR sans obtenir de réponse, et les arrestations se poursuivent toujours. Les
réfugié·e·s souffrent également de la non-délivrance de la carte de réfugié par le
Bureau des Réfugiés et Apatrides du Ministère des Affaires étrangères. Des dizaines
d’entre eux ont déposé une demande depuis le mois de mai dernier, mais aucune carte
n’a été émise jusqu’à la rédaction du présent rapport. Cela est dû à une double
standardisation entre ce que prévoit le HCR et ce que pratique le Ministère des
Affaires étrangères. La responsabilité incombe ici au HCR, qui doit fournir une
clarification à ce sujet.

Les manifestant·e·s ont également demandé une rencontre avec la Directrice du HCR
pour exposer leur situation et s’informer sur leurs droits. Seuls quelques employés
sont sortis pour leur répondre, ce qui a contrarié les protestataires, qui ont
considéré cela comme une forme de mépris à l’égard de leurs droits.

Après un moment, la représentante du HCR au Maroc s’est finalement présentée, mais
ses réponses brèves n’ont pas été bien accueillies par les manifestants. Le président
de la section a demandé une rencontre avec la représentante adjointe, mais cette
demande est restée sans réponse. C’est la deuxième fois que le HCR refuse de recevoir
l’Association Marocaine des Droits Humains.

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Violations systématiques des droits des réfugiés et manquements du HCR au Maroc 29 décembre 2025

La section de Rabat de l’Association Marocaine des Droits Humains exprime sa profonde inquiétude et sa vive indignation face aux conditions alarmantes dans lesquelles vivent les réfugiés et les demandeurs d’asile au Maroc. Elle dénonce les violations graves et répétées de leurs droits fondamentaux, qui entrent en contradiction avec la législation nationale et les engagements internationaux du Maroc en matière de protection des réfugiés et des droits humains.

Le mardi 16 décembre, un groupe de réfugiés et de demandeurs d’asile yéménites a organisé une manifestation pacifique devant le siège du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) à Rabat. Ils y ont exprimé des revendications légitimes, notamment l’accélération de procédures de réinstallation et la fin des retards injustifiés dans le traitement de leurs dossiers, sources de souffrances humaines et psychologiques profondes.

Une semaine plus tard, le mardi 23 décembre au matin, des réfugiés et demandeurs d’asile soudanais ont à leur tour mené une action pacifique pour réclamer leur réinstallation. Ils ont également dénoncé les arrestations arbitraires dont ils font l’objet de la part des forces auxiliaires, ainsi que les déplacements forcés en dehors de la ville de Rabat dont ils sont victimes. Ces pratiques constituent une atteinte grave au principe de non-refoulement.

Les manifestants ont également dénoncé le silence persistant du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui, selon eux, est devenu un appendice des ministères marocains des Affaires étrangères et de l’Intérieur: il ignore les revendications justes et légitimes des réfugiés et demandeurs d’asile et ne remplit pas son rôle de gardien de leurs droits.

La section de Rabat de l’Association Marocaine des Droits Humains condamne avec la plus grande fermeté les violences subies par des réfugiés devant le siège du HCR. Elle dénonce également le refus implicite du HCR de rencontrer le bureau de la section afin d’examiner sérieusement les problèmes urgents auxquels font face les migrants et réfugiés au Maroc. Cette attitude entrave toute recherche de solutions immédiates à une situation humanitaire alarmante, désormais vécue comme un véritable enfer, sous l’effet conjugué des violences et persécutions exercées par les forces auxiliaires et de la passivité du HCR. Une telle neutralité, lourde de conséquences, constitue une contradiction flagrante avec le mandat de l’institution en matière de protection des réfugiés et de respect de leur dignité humaine.

En conséquence, la section de Rabat de l’Association Marocaine des Droits Humains :

* Condamne fermement toutes les formes de violence, d’arrestations arbitraires et d’expulsions forcées à l’encontre des réfugiés et demandeurs d’asile ;

* Exhorte le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés à assumer ses responsabilités légales et éthiques, et à répondre sérieusement aux demandes des manifestants ;

* Invite les autorités marocaines à respecter leurs engagements internationaux, notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, en garantissant la protection des réfugiés et demandeurs d’asile et en mettant fin à toutes les violations dont ils sont victimes ;

* Affirme sa solidarité totale avec les réfugiés et demandeurs d’asile dans leur lutte pour leurs droits légitimes et pour vivre dignement.